{"id":327,"date":"2021-06-07T10:00:00","date_gmt":"2021-06-07T14:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dianekolin.com\/?p=327"},"modified":"2021-10-25T15:41:14","modified_gmt":"2021-10-25T19:41:14","slug":"serie-histoire-derriere-no-14-7-juin-2021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/2021\/06\/serie-histoire-derriere-no-14-7-juin-2021\/","title":{"rendered":"S\u00e9rie \"Histoire derri\u00e8re\" No. 14 - 7 juin 2021"},"content":{"rendered":"\n<p>Publi\u00e9 dans le groupe Franz Liszt Group, le 7 juin 2021. Si vous voulez savoir comment la s\u00e9rie &#8220;Histoire derri\u00e8re&#8221; est n\u00e9e, je donne des d\u00e9tails dans l&#8217;article de la <a href=\"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/2021\/06\/serie-histoire-derriere-no-1-31-mars-2021\/\">S\u00e9rie &#8220;Histoire derri\u00e8re&#8221; No. 1<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Publication originale (traduction) :<\/p>\n\n\n\n<p>Mon piano, c&#8217;est, pour moi, ce qu&#8217;est au marin sa fr\u00e9gate, c&#8217;est ce qu&#8217;est \u00e0 l&#8217;Arabe son coursier, plus encore peut-\u00eatre, car mon piano, jusqu&#8217;ici, c&#8217;est ma parole, c&#8217;est ma vie; c&#8217;est le d\u00e9positaire intime de tout ce qui s&#8217;est agit\u00e9 dans mon cerveau aux jours les plus br\u00fblants de ma jeunesse; c&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;ont \u00e9t\u00e9 tous mes d\u00e9sirs, tous mes r\u00eaves, toutes mes joies et toutes mes douleurs.<br>Franz Liszt<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"735\" height=\"521\" src=\"https:\/\/www.dianekolin.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/197365723_1591745727685373_1237945661537432074_n-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-328\" srcset=\"https:\/\/www.dianekolin.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/197365723_1591745727685373_1237945661537432074_n-1.jpg 735w, https:\/\/www.dianekolin.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/197365723_1591745727685373_1237945661537432074_n-1-300x213.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 735px) 100vw, 735px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Conversation et histoire derri\u00e8re la citation et la photographie :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diane Kolin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bonjour les amis. Ici, nous avons \u00e0 la fois le jeune Liszt et le vieux Liszt. Voice une nouvelle \u00ab histoire derri\u00e8re \u00bb \ud83d\ude42<\/p>\n\n\n\n<p>La citation a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par Liszt \u00e0 son ami Adolphe Pictet, linguiste, philologue et ethnologue suisse, \u00e0 Chamb\u00e9ry en septembre 1837. Elle a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour la premi\u00e8re fois par Liszt lui-m\u00eame dans la Revue et Gazette Musicale de Paris, revue dans laquelle il \u00e9crivait r\u00e9guli\u00e8rement, le 11 f\u00e9vrier 1838. Dans ce journal, Liszt publie une s\u00e9rie de lettres sous le nom de &#8220;Lettres d&#8217;un bachelier \u00e8s musique&#8221;. Dans ces lettres, il \u00e9crit \u00e0 ses amis pour leur expliquer ce que la musique signifie pour lui. La citation donn\u00e9e dans cet article est une parfaite illustration du type de contenu que l&#8217;on pouvait trouver dans ces \u00e9crits. Lina Ramann a mentionn\u00e9 cette citation et cette lettre dans la premi\u00e8re partie de sa biographie de Liszt (&#8220;Franz Liszt Als Ku\u0308nstler und Mensch, 1811-1840&#8221;, Volume 2), en allemand. Puis l&#8217;ensemble des lettres originales fran\u00e7aises a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9. Je recommande fortement les &#8220;Lettres d&#8217;un bachelier \u00e8s musique&#8221;. Il y a 16 lettres au total, adress\u00e9es \u00e0 George Sand, Hector Berlioz et d&#8217;autres figures importantes du cercle d&#8217;amis de Liszt dans les ann\u00e9es 1830 et 40.<\/p>\n\n\n\n<p>La photo est une c\u00e9l\u00e8bre photo de Liszt dans ses derni\u00e8res ann\u00e9es prise par Louis Held, qui \u00e9tait un invit\u00e9 fr\u00e9quent en 1884 et 1885, pour photographier le Ma\u00eetre et ses \u00e9l\u00e8ves. Sur ce clich\u00e9, vous pouvez voir Liszt \u00e0 son bureau en juin 1884 dans sa maison de Weimar, la Hofg\u00e4rtnerei. Aujourd&#8217;hui, lorsque vous visitez la Liszt-Haus \u00e0 Weimar, le mobilier et les portraits sont toujours exactement au m\u00eame endroit. Il y a quelques semaines, une photo a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e repr\u00e9sentant Liszt assis dans un parc avec son \u00e9l\u00e8ve Carl Lachmund et sa femme Caroline Lachmund. Celle-ci a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 prise par Louis Held en 1884. Lachmund a \u00e9crit un journal tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9 sur ses ann\u00e9es d&#8217;\u00e9tudes avec Liszt, de 1882 \u00e0 1884, &#8220;Living with Liszt&#8221; (en fran\u00e7ais &#8220;Vivre avec Liszt&#8221;), dans lequel il d\u00e9crit le jour o\u00f9 la photo \u00e0 son bureau a \u00e9t\u00e9 prise. Malgr\u00e9 son air s\u00e9rieux (ce qui n&#8217;\u00e9tait pas rare pour Liszt lorsqu&#8217;il \u00e9tait photographi\u00e9), il \u00e9tait de bonne humeur et avait accept\u00e9 la demande de Held de le faire asseoir \u00e0 son bureau pour une photo. Caroline et Carl \u00e9taient \u00e9galement pr\u00e9sents. Caroline s&#8217;est occup\u00e9e des cheveux de Liszt, et Carl a arrang\u00e9 les livres &#8211; il a plac\u00e9 des partitions de Bach et de Beethoven sur le piano pour que les noms puissent \u00eatre reconnus (on peut les voir sur le piano \u00e0 gauche). Selon Lachmund, Liszt devait rester immobile pendant une minute compl\u00e8te pour que la photo puisse \u00eatre prise.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Membre du groupe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le journal de Lachmund est en effet une excellente lecture, \u00e0 la fois pour ses descriptions de Liszt, ainsi que pour ses impressions sur ses camarades de masterclass, dont certains deviendront les plus grands pianistes de leur g\u00e9n\u00e9ration. Dans le m\u00eame ordre d&#8217;id\u00e9es, je recommande aussi chaleureusement les r\u00e9miniscences d&#8217;Arthur Friedheim et de Siloti. Le journal d&#8217;Amy Fay, plus connu encore, qui raconte la deuxi\u00e8me p\u00e9riode de Weimar des ann\u00e9es 1870, est \u00e9galement int\u00e9ressant \u00e0 lire, d&#8217;autant plus qu&#8217;elle compare Liszt, Tausig et Rubinstein. De plus, et probablement le plus important, Rosenthal a \u00e9crit ses m\u00e9moires, dont le manuscrit est conserv\u00e9 \u00e0 la Mannes School of Music, et qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment publi\u00e9, je crois. Rosenthal, qui \u00e9tait estim\u00e9 de Liszt, affirme que la c\u00e9l\u00e8bre crise de jeunesse de Liszt apr\u00e8s avoir entendu Paganini en concert, suite \u00e0 quoi il passa douze heures par jour au piano, \u00e9tait un mythe. Selon lui, ce n&#8217;\u00e9tait pas Paganini, mais nul autre que Chopin, qui a pr\u00e9cipit\u00e9 la crise. Toujours selon Rosenthal, Liszt a dit \u00e0 ce dernier qu&#8217;il ne pouvait se r\u00e9soudre \u00e0 admettre publiquement que c&#8217;\u00e9tait un autre pianiste qui l&#8217;avait pouss\u00e9 \u00e0 une \u00e9tude aussi intense !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diane Kolin :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Absolument \ud83d\ude42 <\/p>\n\n\n\n<p>Amy Fay a \u00e9crit &#8220;Music-study in Germany&#8221; en 1913. Elle a pass\u00e9 une partie de l&#8217;ann\u00e9e 1873 en tant qu&#8217;\u00e9l\u00e8ve de Liszt et a d\u00e9crit en d\u00e9tail son exp\u00e9rience. Comme l&#8217;a dit [membre du groupe], ce livre ne concerne pas seulement Liszt mais raconte la tr\u00e8s riche vie musicale allemande : Tausig, Clara Schumann, Joachim, Rubinstein, Kullak, Wagner, von B\u00fclow, Deppe\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 Siloti et Friedheim, tous deux racontent leur vie d&#8217;\u00e9l\u00e8ve du Ma\u00eetre durant les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, avec des descriptions d\u00e9taill\u00e9es des morceaux qu&#8217;ils travaillaient avec lui et de l&#8217;organisation des masterclasses. En 1986, un livre intitul\u00e9 &#8220;Remembering Franz Liszt&#8221; a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9, contenant les deux t\u00e9moignages.<\/p>\n\n\n\n<p>Alexander Siloti a \u00e9crit &#8220;My Memories of Liszt&#8221;, publi\u00e9 pour la premi\u00e8re en 1903. C&#8217;est un texte court mais assez complet sur sa vie \u00e0 Weimar.<\/p>\n\n\n\n<p>Arthur Friedheim a \u00e9crit &#8220;Life and Liszt&#8221;, publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1961. Il a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier avec Liszt en 1879, et est rest\u00e9 son \u00e9l\u00e8ve jusqu&#8217;\u00e0 sa mort en 1886. C&#8217;est un journal, mais il raconte aussi au lecteur la vie de Liszt, sa correspondance, ses \u00e9crits \u2026 Ce livre est tr\u00e8s int\u00e9ressant.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les \u00e9crits de ses \u00e9l\u00e8ves sur le Liszt professeur durant ses derni\u00e8res ann\u00e9es, il y a aussi les souvenirs d&#8217;August Stradal, qui a publi\u00e9 des esquisses de partitions de Liszt et a dress\u00e9 un portrait de l&#8217;homme et de l&#8217;enseignant, ainsi qu&#8217;August G\u00f6llerich, qui a \u00e9num\u00e9r\u00e9 toutes les oeuvres interpr\u00e9t\u00e9es par les \u00e9tudiants lors des masterclasses de 1884 \u00e0 1886, avec les commentaires et les directives de Liszt.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour en savoir plus sur la p\u00e9riode de masterclass ant\u00e9rieure, lorsque Liszt avait une quarantaine d&#8217;ann\u00e9es, son \u00e9l\u00e8ve William Mason a \u00e9crit &#8220;Memories of a musical life&#8221;, publi\u00e9 en 1900, dans lequel il raconte sa vie en Am\u00e9rique et en Europe. Une bonne partie du livre concerne ses \u00e9tudes avec Liszt \u00e0 Weimar pendant deux ans, de 1853 \u00e0 1854. Apr\u00e8s le d\u00e9part de Mason, ils se sont \u00e9crits jusqu&#8217;\u00e0 quelques jours avant la mort de Liszt. Dans ce livre, comme l&#8217;a fait Amy Fay, Mason parle aussi de Moscheles, Wagner, Schumann, Joachim, Chopin, Thalberg, Rubinstein, et d&#8217;autres personnalit\u00e9s musicales de l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 il \u00e9tait en Allemagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Restez curieux, continuez de lire \ud83d\ude42 <\/p>\n\n\n\n<p><em>(Note&nbsp;: N&#8217;est-ce pas fabuleux d&#8217;\u00e9changer des r\u00e9f\u00e9rences&nbsp;? La conversation s&#8217;est poursuivie et d&#8217;autres r\u00e9f\u00e9rences ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es, mais nous avons abord\u00e9 un autre sujet.)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mon piano, c'est, pour moi, ce qu'est au marin sa fr\u00e9gate, c'est ce qu'est \u00e0 l'Arabe son coursier, plus encore peut-\u00eatre, car mon piano, jusqu'ici, c'est ma parole, c'est ma vie ; c'est le d\u00e9positaire intime de tout ce qui s'est agit\u00e9 dans mon cerveau aux jours les plus br\u00fblants de ma jeunesse ; c'est l\u00e0 qu'ont \u00e9t\u00e9 tous mes d\u00e9sirs, tous mes r\u00eaves, toutes mes joies et toutes mes douleurs. La citation a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par Liszt \u00e0 son ami Adolphe Pictet, linguiste, philologue et ethnologue suisse, \u00e0 Chamb\u00e9ry en septembre 1837. Elle a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour la premi\u00e8re fois par Liszt lui-m\u00eame dans la Revue et Gazette Musicale de Paris, revue dans laquelle il \u00e9crivait r\u00e9guli\u00e8rement, le 11 f\u00e9vrier 1838.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-327","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-franz-liszt-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/327","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=327"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/327\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1365,"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/327\/revisions\/1365"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=327"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=327"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dianekolin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=327"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}